Un réveil chilien

 

Pouvez-vous au lendemain de l'Apruebo, le référendum qui vient d'avoir lieu au Chili, restituer quelques uns des moments du mouvement chilien né en octobre 2019 ?

Piñera quelques semaines auparavant de l'insurrection chilienne osait déclarer que le Chili était une oasis en Amérique latine et peut-être même dans le monde. C’était le Chili que nous devions être selon cette version du discours officiel, un paradis en Amérique latine, présentant le meilleur de ce que peut être une démocratie et une économie en bonne santé.
Ce discours avait pour but de masquer la violence structurelle, et la violence quotidienne, supportée par des millions de personnes au Chili et comme le dit l’une des rêveuses dans le travail de recherche d’Isis Castañeda Capriroli, finalement « la merde remontait à la surface », c’est à dire que toute cette violence a commencé à être visible publiquement.
De nombreuses enquêtes en sciences sociales réalisées auparavant de l'insurrection par des sociologues, des anthropologues, etc. ont constaté que les gens au Chili ne se sentent pas seulement abandonnés, mais agressés, et violentés par les institutions chiliennes.
Tout cela a explosé en octobre 2019, à partir d’un mouvement de lycéens contre l'augmentation des tarifs des transports publics, l'un des transports publics les plus chers d'Amérique latine, et de la répression subie par ce mouvement, dans la logique habituelle de l'Etat chilien de répression violente des mouvements sociaux et de leurs leaders, qui a donné lieu à un mouvement de solidarité qui a rapidement contaminé tout le territoire.
De nombreux mouvements plus moléculaires et plus souterrains existaient depuis longtemps, notamment en 2006, avait eu lieu un mouvement des lycéens, puis en 2011, un mouvement universitaire, qui se sont remobilisés, et ce mouvement a été aussi un mouvement de toute la population contre cette violence de la répression, inscrit dans la longue histoire d'oppression vécue au Chili de la part de l’Etat et des institutions chiliennes, et à partir du 18 octobre 2019, ce mouvement s'est embrasé à une échelle jamais vue au Chili.

La classe politique, et les partis de l'ordre, ont tenté de contenir ce mouvement sans y parvenir. L'une des tentatives de contenir la puissance de ce mouvement a consisté dans la proposition d'un référendum portant sur la constitution chilienne. Il est très important de noter que la constitution chilienne est un héritage de la dictature de Pinochet, et à laquelle se confronte chaque mouvement l'un après l'autre. Le mouvement pour l'éducation a été confronté au fait que cette constitution empêchait de mettre en œuvre les revendications particulières qu'il portait. Le mouvement pour la santé aussi s’est également confronté à cette impossibilité, et d'autres mouvements de même auparavant du mouvement de 2019. L'enjeu à changer cette constitution était déjà un enjeu important pour tous ces mouvements. Lorsque la classe politique a proposé ce référendum sur la constitution, cela a fait sens pour beaucoup de gens, dans le même temps qu'il existe une méfiance légitime vis à vis des institutions et de l'establishment.
Il y a eu néanmoins une réflexion assez communément partagée dans le sens de saisir cette opportunité, de se saisir de cette situation pour la déborder, et l'utiliser stratégiquement pour en finir avec la constitution de Pinochet, et construire une autre façon d'organiser la société, une autre façon de vivre la vie. Parallèlement, de nombreuses assemblées de quartiers, des cantines populaires, des jardins partagés, ont été créés et se sont organisées dans le cours du mouvement. Cela ne s'est pas arrêté en novembre, lors de la signature d'un accord pour ce référendum sur la constitution, qui devait avoir lieu en avril 2020 et qui a été reporté à ce 25 octobre.

Le référendum appelait les gens à voter, sur deux points, à savoir un accord ou un désaccord sur le projet d'une nouvelle constitution, c'est à dire d'une constitution partant de zéro sans lien ni référence à la constitution de Pinochet, et deuxième point, sur la façon dont doit être composée l'assemblée constituante, une convention mixte composée pour moitié de députés déjà élus, et pour moitié de nouveaux élus dans le but d'écrire la nouvelle constitution, ou bien une convention constitutionnelle, dont l'ensemble des participants sont spécifiquement élus pour écrire la constitution.
Il subsistait un piège ici, qui était qu'il faut pour être candidat à cette assemblée, à cette convention, faire partie de partis politiques existants. Des discussions sont encore en cours sur le mécanisme de fonctionnement de la convention constitutionnelle qui implique de nouvelles possibilités d'agir. Il a été proposé et approuvé que cette convention soit paritaire, c'est à dire composée pour moitié d'hommes et pour moitié de femmes, c'est intéressant et c'est une victoire des mouvements féministes au Chili. Il est question aussi par exemple d'une représentation, obligatoire, des communautés indigènes au sein de cette assemblée constituante, qui est un projet qui n'a pas été approuvé encore, mais qui est en cours de discussion au parlement. On verra ce qu'il en est.

Un autre projet important porté par le mouvement est celui d'une constitution de nouvelles formes de vie qui soit parallèle à la constitution écrite, à l'intérieur du réseau des assemblées de quartier, des organisations d'éducation populaire, etc. C'est une expérience qui est née ou qui existait déjà et s'est intensifiée dans le processus de mobilisation depuis octobre 2019. Il existe un défi très important à poursuivre l'expérience de cette constitution en dehors de la constitution écrite et qui pourrait jouer un rôle à l'intérieur de l'assemblée constituante en tant que telle.
Comment faire, pour que la constitution d'un autre tissu social, d'un autre modèle des relations sociales, puisse être en relation, et en rapport direct avec ce qui se passe à l'intérieur de cette assemblée constituante ?
Ici, il existe différentes possibilités. L'une des possibilités est de découper l'assemblée en en utilisant certaines parties qui soient plus ouvertes à des personnes qui n'ont pas participé auparavant à la vie politique institutionnelle, qui relayent les assemblées de quartier par exemple, et qui pourraient y participer. Une autre possibilité serait de créer des listes indépendantes, mais ceci est plus difficile, et prend beaucoup de temps, et comprend beaucoup de difficultés, notamment matérielles, etc.
Voilà l'enjeu aujourd'hui, après le dimanche de l'Apruebo, l'approbation du référendum sur une nouvelle constitution, et aussi, d'une convention constitutionnelle, c'est à dire dont tous les membres devront être élus pour y participer. C’est un certain bonheur, une perspective positive par rapport à l'avenir, et c'est important à un moment difficile à vivre, de mouvements étouffés en conséquence du Covid, mais aussi pour de nombreuses autres raisons. C'est important aussi de le comprendre comme une petite victoire, et c'est important de comprendre cette victoire pas seulement comme un moment, mais aussi comme un processus on peut dire, un processus révolutionnaire. En tous cas, cette victoire est un processus, et non pas un moment, je crois que ça c'est important aussi.

Existe t'il une démarche de création d'instances de représentation politique des composantes du mouvement d'octobre 2019 au Chili, le mouvement des femmes, le mouvement des peuples autochtones, le mouvement des jeunes, etc. ?

Le rapport qu'entretient le mouvement pour les gens qui y participent avec les formes de représentation politique institutionnelles n'est pas facile, mais il y a quelque chose que j'ai trouvé intéressant qui s'est passé en octobre 2019. Presqu'immédiatement, a eu lieu un mouvement qui a consisté à renommer les lieux, à changer leurs noms, à changer par exemple le nom de la principale place de Santiago du Chili, qui est d'ailleurs plutôt un rond point, qui se trouve au centre ville, qui s'appelait la place Baquedano, du nom d'un ancien colonel colonisateur au Chili des peuples Mapuche, et qui est devenue la place de la Dignité.
Ce phénomène a eu lieu un peu partout, il y a eu dans ce mouvement le besoin et le désir de renommer les espaces et les lieux symboliques et je crois qui consiste en un autre rapport et d'autres formes de représentation politique.

Actuellement, c'est difficile parce que c'est un moment plus institutionnel, où il faut élaborer des outils qui permettent d’entrer en relation avec les institutions, qui n'impliquent pas forcément de la confiance par exemple, sinon dans une visée stratégique des relations avec les institutions et je crois que beaucoup de gens partagent une certaine sensibilité à envisager ce moment constitutionnel comme un moment stratégique vers autre chose, et cette autre chose, cette autre représentation est en train de se former, et n'est pas encore complètement définie, n'est pas encore complètement élaborée d'une certaine façon.
Et il y a une explosion esthétique, il y a une explosion des noms, il y a une explosion des concepts, une explosion de créativité, et une explosion vraiment de désir, une explosion de désir dans le plan du social. C'est exactement ce qu'on peut voir à présent au Chili et depuis octobre 2019, et ceci implique une évolution et une évolution assez lente de notre conception de la représentation.
La question de la représentation est une vraie question, par exemple à l'échelle locale, des assemblées populaires, des assemblées de quartier, et comment faire le lien, ou pas, et sans quoi autre chose aura lieu, avec le processus plus institutionnel proposé par l'establishment, comment l'envisager de façon stratégique, ou pas, c'est l'objet d'une discussion qui existe actuellement dans le mouvement je crois.

Comment articulez vous dimensions politique et esthétique ? Quelles autres actions récentes, en plus de celles dont vous venez de parler, vous semblent-elles aller dans le sens des mouvements actuels ?

Il me semble et c'est certain, on le sait déjà, que le rapport entre image et politique est crucial, qu'il l'était peut-être déjà depuis toujours et l'est avec une intensité singulière aujourd'hui, pas seulement parce que beaucoup d'images circulent ou parce qu'il existe de nombreux dispositifs de production des images, mais aussi parce qu'il y a un récit sur les images, des « images sur les images » qui les font apparaître même au centre de la vie politique. Par exemple, tout récemment en France le gouvernement a déclaré de façon explicite une « guerre des images », qui consiste à empêcher la diffusion des images de violences policières en niant dans le même temps l'existence même de ces violences, et à encourager la production des images par la police, à généraliser l'usage des drones, et l'identification faciale comme preuve juridique, etc. Là où les violences policières deviennent problématiques pour Macron et son gouvernement, ce n'est pas dans les violences elle-mêmes, mais dans la circulation des images des violences, c'est-à-dire dans tout ce qui déborde ou pourrait déborder l'image et la violence policière elle-même. Bref, dans la possibilité de révolte que comportent les images lorsqu'elles entrent en rythme, et en mouvement de façon inclinée à la fois affectivement et stratégiquement, dans une politique incarnée et toujours inachevée et, en conséquence, ouverte aux rencontres, à l'altérité, à l'étrangeté.

Au Chili le collectif à géométrie variable Yeguada Latinoamericana créé autour de l'artiste-activiste Cheril Linett et des thématiques de la dissidence sexuelle a réalisé une performance, qui me semble très intéressante, c'était auparavant du mouvement d'octobre 2019. Dans cette performance, les activistes s'emparent du mot « yegua » (jument) qui est une insulte adressée couramment aux femmes qui expérimentent non seulement leur sexualité librement, mais aussi le plaisir en général. Le collectif s'empare de cette insulte, pour en renverser la connotation et l'assignation négative en un sens positif de liberté. Dans cette performance, les participantes sont habillées en haut d'un uniforme de prêtre ou de flic, et en bas d'une queue de cheval, et dansent de façon provocatrice face aux institutions dont elles dénoncent l'autoritarisme. Cela a été performé dans différents contextes, notamment des manifestations et où il y avait toute une stratégie en mouvement qui consistait à trouver le bon moment pour réaliser la performance et s'en sortir sans arrestations ni violences.
Nous avions discuté avec le collectif Vitrina Dystopica de cette notion de stratégie en mouvement, et comment et à quel moment la peur semble changer de côté, question qui n'est pas du tout étrangère à l'insurrection d'octobre 2019. Que ce soit dans une performance, ou dans un mouvement social, nous sommes obligé·e·s de faire avec la peur et il y a un rythme collectif qui permet d'agir même depuis la peur. On trouve aussi l'importance de la musique dans les manifestations, en première ligne, etc.

L'esthétique comme notion des rythmes et des corps de la politique peut être à même d'intensifier l'inclination conjointe. Inclination qui n'est pas unitaire ni en action ni en pensée, mais qui permet la contamination mutuelle entre des manières de politisation hétérogènes avec des affinités inattendues. Voici un autre exemple intéressant. Lors des rassemblements de la « Place de la Dignité » telle qu'elle a été renommé par le mouvement, le collectif « Delight Lab » a organisé des projections monumentales sur un immeuble iconique de Santiago. Ils ont projeté surtout des slogans tels que : « Chile Despertó » (le Chili s'est réveillé), « No estamos en guerra » (Nous ne sommes pas en guerre - contrairement à ce que déclarait Piñera depuis le début de l'insurrection d'octobre 2019), ou tout simplement « Hambre » (faim), pendant le confinement. Ce jour-là le gouvernement a essayé d'interdire de facto la projection, en faisant intervenir la police qui a braqué des projecteurs à haute puissance par dessus la projection réalisée par le collectif. C'était drôle parce que l'intervention de la police tout comme dans la performance de la Yeguada, faisait partie de l'action en quelque sorte.

Enfin, ce que je crois encore plus intéressant, c'est que tout cela fait partie d'une esthétique dans la mesure où les actes participent, créent et recréent un rythme plus vaste, reliant par exemple,  les tags dans la rue d'autres artistes militants au Chili, les vêtements des manifestant·e·s, les personnages étonnants qui font partie des cortèges (comme un dinosaure, Pikachu ou le joker), les lasers, les casseroles, les premières lignes, les brigades paramédicales, les assemblées de quartier, les cantines populaires, etc. Il y a une esthétique dans le rapport entre rythme et politique peut-être. On a vu ça avec la performance de « Las Tesis » qui a contribué à soutenir le rythme de la révolte au Chili et qui a donné lieu à la création de liens de solidarité internationale en même temps. Bien sûr qu'aucun de ces éléments n'est suffisant en lui-même, mais c'est le mode et le monde qui contribuent à composer, à tisser, à rythmer, à incliner tout cela qui importe. Et bien sûr qu'une question bien plus difficile encore, c'est comment faire avec le moment plus institutionnel actuel, comment faire pour que cette rythmicité, cette esthétique participe, mais ne s'épuise pas dans le débat constituant formel et puisse rester vivant et résister aux formes de neutralisation.

Enfin, existe t'il des relations de solidarité internationales qui se sont construits avec le mouvement chilien ? De quelle façon votre vision de la politique change t'il d’être ici, au loin, et à la fois relié par les divers moyens de communication actuels ?

D'abord, oui, il y a et je pense qu'il avait déjà des liens de solidarité active entre des gens, des groupes, parfois des partis politiques (nouveaux ou anciens) de gauche au Chili et en France. En même temps, dès l'insurrection en octobre 2019, il y a eu un élan à se rassembler de la part des chilien·ne·s, ou en forte connexion avec le Chili (soit généalogique, soit affectif ou politique). Dans ce moment-là, comme dans plusieurs autres grandes villes en Europe et dans d'autres parties du monde, nous avons formé, disons, une « Assemblée des chilen·ne·s » notamment pour soutenir ce qui se passait au Chili, et pour appeler à la solidarité internationale.

Néanmoins, dans cette assemblée, j'ai rencontré aussi des gens (un petit collectif sans nom encore) qui cherchaient à penser les relations d'amitié et de complicité politique entre différents territoires d'une autre façon, c'est-à-dire, au-delà du concept et des institutions de l'internationalisme « molaire » entre nations ou entre partis nationaux traditionnel. Une forme d'internationalisme qui dépasserait ces structures, en pensant les liens entre des alternatives interstitielles dans plusieurs territoires qui ne correspondent pas du tout à l'échelle national-étatique, mais plutôt à des situations spécifiques ou peut-être aussi à des manières de s'autodéterminer.
Cela implique beaucoup de choses, par exemple, cela implique de remettre en question les marges et les frontières à l'intérieur même du territoire de l'état, celles des territoires exclus ou marginalisés, mais aussi des espaces de vie des immigré·e·s, des prisonnièr·e·s, ou des personnes stigmatisé·e·s pour leur condition de santé mentale ; cela implique aussi de se rapprocher de problèmes politiques dans d'autres territoires tout en interrogeant des dichotomies dogmatiques, comme par exemple l'impérialisme des États-Unis v/s n'importe quelle autre chose, qui fait parfois oublier ou minimiser les impérialismes régionaux. Il me semble aussi que la création de réseaux de partage d'expériences, d'outils, d'intuitions, de diagnostics qui puissent nourrir les luttes dans des contextes différents est super importante, pas seulement comme des informations, mais comme de vraies possibilités décentralisées de collaboration et complicité. Il y a pas mal de gens, et de groupes qui se sont déjà posé ces questions, mais je pense que c'est important d'insister et je crois aussi qu'il ne faudrait pas trop divorcer de cette question de l'esthétique, comme façon de faire des ponts bien entendu.

Personnellement, c'était vraiment bizarre d'arriver à Paris à peine trois jours avant l'insurrection au Chili. Les médias de communication et les réseaux sociaux avec un accès très, voire trop direct aux images de ce qui se passait au Chili, mais détaché de la dimension corporelle, ont un effet ambigü. Lorsqu'on est seul face à ça, c'est horrible, ça produit le sentiment d'une impuissance énorme, mais lorsqu'on peut faire en sorte que ces images, ces informations, ces intensités participent d'un réseau où le corps peut aussi agir, désormais ça fait partie d'une puissance, même si elle est petite. Là, certains groupes, certaines affinités (chiliennes ou pas) ont un lieu d'importance. C'était important pour moi de trouver par exemple l'inquiétude qui porte le collectif autour de la possibilité de l'internationalisme aujourd'hui, dans un sens parce qu'il poursuit une réflexion que l'on a aussi au sein du collectif Vitrina Dystopica au Chili, en même temps qu'ils les prolonge ou les modifie par rapport à la situation en France, aussi bien que par rapport aux autres territoires et histoires. Bien sûr que tout ça est petit et fragile et que la pandémie a fait de la consistance des réseaux quelque chose de pas du tout facile à vivre, mais ça fait beaucoup de bien. Ça permet de continuer un peu en rythme avec d'autres même s'il s'agit d'une autre intensité plus faible ou tout simplement différente.

Pour finir, je dirais qu'il y a deux choses auxquelles je pense en réponse à cette question et que je trouve très importantes. D'abord, que l'accès aux informations que les médias actuels donnent, il faut le mettre en connexion avec des réseaux dans lesquels nos corps peuvent agir, sinon c'est fou, et c'est angoissant. Ensuite, que l'importance d'une autre dimension des luttes, disons « moléculaire », réside non pas dans leur « amplitude » (locale ou globale, etc.), sinon dans le mode de composer une expérience, une intériorité partagée dans les interstices, entre différentes marges, qui permet de lier et de connecter pas seulement des nœuds isolés, mais des inclinations affectives et stratégiques, historiquement situées. Une sorte de compost où la vie peut émerger.

Hugo Sir est un jeune sociologue, militant et chercheur vivant entre le Chili et la France, et membre du collectif Vitrina Dystópica (https://dystopica.org). Doctorat en cours en Sciences sociales à l’université du Chili au Laboratoire transdisciplinaire en pratiques sociales et subjectivité (Lapsos, UCH), et l’université Paris 8 au Laboratoire Théories du politique (Labtop, CRESPPA, Paris 8).


Propos reccueillis par Béatrice Rettig et Naji El Khatib, Paris, Novembre 2020.