Stratégie de vie et déplacement en Kurdistan de Turquie

 

Résumé de la recherche : Notre étude se concentre sur la question kurde en Turquie à partir de la période de l'institution du régime d'exception (1987-2002) qui nous amène au cas le plus complexe, celui du déplacement forcé qui n'a jamais été officiellement proclamé, mais a été expérimenté par un minimum un million de personnes. Selon nous, il est très important de comprendre l'histoire du déplacement forcé dans cette période pour saisir la longue histoire de la question kurde en Turquie, et plus généralement la question des minorités ethniques dans un État-nation. Les femmes étant notre principale source d'information dans cette étude, cela nous amènera à reconstruire différemment l'histoire du déplacement forcé et ses effets. Ainsi nous allons nous concentrer sur la vie quotidienne des déplacés qui nous guident vers une identité urbaine à travers les expériences passées et présentes, ainsi qu'à travers leurs stratégies de vie en espace urbain. Ainsi, nous constatons qu'une analyse anthropologique qui se focalise sur différents paramètres de la vie des déplacés est indispensable pour discuter de l'identité nationale, de la question identitaire ethnique, des raisons et des effets du conflit, de la violence et de la subjectivité. Les cas de déplacés kurdes en Turquie nous ouvrent de nouveaux espaces de discussion et incite les chercheurs à se livrer à de nouvelles études concernant la Turquie et à de nouvelles réflexions en sciences sociales en se fondant sur « la vie quotidienne ».

Rojda Alaç est une jeune sociologue spécialiste de la condition kurde en Turquie.
Elle a travaillé à l’EHESS sous la direction d’Hamit Bozarslan lors de sa thèse intitulée « Stratégies de vie et récréation de foyer : le cas de la population kurde déplacée dans les espaces urbains de sa propre région en Turquie (1987-2010) ».
Elle vit actuellement entre la France et la Turquie.


Séminaire libre d'études politiques, Université Paris 8 Saint-Denis, 02/03/2017.