Rancière archiviste (2)

 

 

L'intervention revient sur un travail structuré par une archive orale, un ensemble d'entretiens, intitulé « La dernière barricade. Formes de résistance en Kurdistan après la révolution iranienne de 1979 » qui raconte comment toute la population de la ville de Marivan, l'une des principales villes du Kurdistan d'Iran met en échec la répression qui advient après la révolution iranienne de 1979 et l'arrivée au pouvoir de Khomeini, en désertant la ville, et en créant un campement rejoint par toute la région sur le site de Kani Miran où lors d'un court laps de temps une vie commune s'invente.
La référence à Rancière vient non pas comme celle d'une méthode, où il s'agirait de préserver la mémoire d'événements révolus, mais plutôt de création à partir d'un momentum révolutionnaire, où un autre cours du temps et un commun s'instaurent, et où lorsque Rancière dans Communisme sans communistes discute de L'hypothèse de l'émancipation comme hypothèse communiste de Badiou, montre qu'il ne s'agît pas d'une théorie préalable qui serait appliquée et qui produirait ensuite la révolution, l'émancipation, et le communisme.

Mobilisant quatre langues, Mansur Tayfuri écrit principalement en sorani et en farsi. On lui doit des récits et des textes littéraires. Il s’est aussi consacré à la traduction de textes de philosophie contemporaine. Il rédige à l’Université Paris 8 une thèse de doctorat de philosophie sur le sujet « États et exceptions ». La thèse s’appuie sur l’étude de l’histoire des minorités kurdes de l’Iran moderne et était précédée d’un travail sur les mouvements Kurdes en Iran pendant la révolution iranienne de 1979. Prix de la littérature kurde en Iran en 2003 et 2005, et Prix de la traduction en Irak en 2005. Ouvrages de traduction récents : Nous les réfugiés, Recueil de textes d’Hannah Arendt et de Giorgio Agamben, 2014. Le Maître ignorant, Jacques Rancière, 2015. La Vraie vie, Alain Badiou, 2018, Jésus et Pilate, Giorgio Agamben, 2019.

Rêves, Université Paris 8 en ligne, 11/02/2021.