L'émancipation avec et sans Marx

 

Ces propos, délivrés en trois parties, poursuivent trois objectifs principaux : accroître la détermination conceptuelle et le contenu historique de l’idée même d’émancipation ; présenter la pensée et la politique de Marx comme le cadre le plus important pour le développement d’une relation dialectique entre émancipation et domination ; et déployer cette dialectique comme le meilleur moyen de faire face à ‘la crise du marxisme’ et déterminer sur quels points nous avons à dépasser Marx. Un succès même partiel dans l’atteinte de ces objectifs est une condition préalable nécessaire à l’élaboration d’une nouvelle politique d’émancipation pour notre temps. Ce qui suit sont quelques-uns des thèmes et des idées qui seront traités dans ces discussions bien que pas nécessairement dans cet ordre.

  • L’idée d’émancipation par contradistinction à celles de libertés / liberté (liberty/freedom) et d’égalité / justice.
  • L’inscription de la liberté, de la justice et de l’émancipation dans des contextes historiques réels en tant qu’idéologies politiques.
  • Les origines des ‘libertés / liberté’ (liberty/freedom) dans les révolutions anglaise et américaine des XVIe et XVIIe siècles.
  • Les contradictions internes de la liberté : l’esclavage, le colonialisme et la pauvreté urbaine.
  • L’égalité / la justice comme idéologie du bloc de l’Est au 20e siècle.
  • L’actualisation de l’émancipation : les luttes des classes du prolétariat et du mouvement ouvrier au XIXe siècle.
  • Caractéristiques formelles : l’émancipation comme universelle, complète et auto-poétique.
  • L’émancipation et la critique de Marx de l’économie politique : de l’évaluation positive à la destruction négative de la société bourgeoise moderne.
  • Au-delà de ’la dialectique des Lumières’ : la logique d’émancipation n’est pas réductible au conflit Capital-Travail.
  • Points de transcendance : comment dépasser Marx tout en étant avec lui.

Morad Farhadpour est théoricien, écrivain, et traducteur.
Co-fondateur de la revue Arghanoun (L’Organon) et des collectifs Rokhdad (L’Évènement), et Thesis 11 en Iran. Enseigne notamment à l’Institut Porsesh de Téhéran.
Traducteur en persan de nombreux ouvrages, en particulier issus du courant de la théorie critique, dont La Dialectique de la Raison de Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air de Marshall Berman et des essais d’Alain Badiou, de Walter Benjamin, de Gorgio Agamben, etc.
Auteur des Vents d’Ouest, La Raison Désenchantée, Les Fragments de la pensée et Paris-Téhéran (un propos critique sur le cinéma d’Abbas Kiarostami).


Séminaire libre d'études politiques, Université Paris 8 Saint-Denis, 13, 18 et 24/02/2020.