La pensée comme traduction

 

 

Il y a une vingtaine d’année, un mouvement de pensée de la traduction naissait en Iran qui a donné lieu à une grande fécondité de débats, de productions critiques et de publications scientifiques, d’ouvrages de traductions libres en farsi des philosophies européennes significatifs de leur réception en Iran, en particulier dans la dimension politisée de cette réception.
Si penser le processus de la traduction lui-même est nécessaire, à l’encontre de tout essentialisme, de tout identitarisme, ou de tout culturalisme, une dialectique s’y opère où la traduction à la fois un processus conscient, et le plan d’émergence de pensées nouvelles inscrites à même le champ de l’histoire des pensées critiques circonscrits par les langues et leur géopolitique.
La traduction tout comme la pensée n’est pas une totalité opérative, elle ne possède pas d’essence, ni ne connait un seul sens de son élaboration sauf son histoire, posant ainsi la question des relations entre politique, traduction, et histoire.

Morad Farhadpour est théoricien, écrivain, et traducteur.
Co-fondateur de la revue Arghanoun (L’Organon) et des collectifs Rokhdad (L’Évènement), et Thesis 11 en Iran. Enseigne notamment à l’Institut Porsesh de Téhéran.
Traducteur en persan de nombreux ouvrages, en particulier issus du courant de la théorie critique, dont La Dialectique de la Raison de Theodor W. Adorno et Max Horkheimer, Tout ce qui est solide se dissout dans l’air de Marshall Berman et des essais d’Alain Badiou, de Walter Benjamin, de Gorgio Agamben, etc.
Auteur des Vents d’Ouest, La Raison Désenchantée, Les Fragments de la pensée et Paris-Téhéran (un propos critique sur le cinéma d’Abbas Kiarostami).


Séminaire libre d'études politiques, Université Paris 8 Saint-Denis, 20/10/2016.