La critique de l’État-nation au regard de la critique féministe et du genre

Sonia Dayan-Herzbrun
La critique de l'État-nation au regard de la critique féministe et du genre (1)
Sonia Dayan-HerzbrunLa critique de l'État-nation au regard de la critique féministe et du genre (1)
Eleni Varikas
La critique de l'État-nation au regard de la critique féministe et du genre (2)
Eleni VarikasLa critique de l'État-nation au regard de la critique féministe et du genre (2)

 

Les deux interventions discutent de la dimension de la division du sexe et du genre, de la construction de l’État moderne et des formes de légitimation du pouvoir, et leurs généalogies en soulignant comment il s’agît de penser dans le même temps les formes de résistance et d’émancipation.
La forme de l’État-nation était construite sur l’appropriation de la production et de la reproduction, des corps de celles et ceux destinés à en assumer le travail.
C’est prégnant là où ce partage vient enchaîner sur le celui de la raison, comme ce qui relève des formes de rationalités issues de la modernité occidentale et où s’étaient trouvés à la fois défini·e·s et exclu·e·s celles et ceux qui ne pourraient en être les sujets : les femmes, les étrangers, etc.
Ici, la problématique de l’historicité des concepts dans le travail d’Éléni Varikas, et de celle du genre à l’intérieur de l’ensemble des rapports de pouvoir, de race, classe, nation, etc. fait signe. L’anamnèse contre l’amnésie ou la coupure dans le concept – la coupure du concept de la concrétude de l’expérience –, qui est aussi la décontextualisation rendue possible par le rapport d’objectivation dans la pensée, ou comment penser en contexte.
Elle expose comment l’état moderne produit constitutivement des exclusions et notamment celle les femmes, revenant sur la notion de communauté politique moderne dont la formation artificielle fait de la politique un acte libre, et où la nature est rapportée à un mythe originaire. La hiérarchisation des sexes dans la modernité sera paradigmatique de cela.
Sonia Dayan-Herzbrun propose de discuter des masculinités, selon un point de vue intersectionnel qui actualise des formes d’analyses en contexte, ou comment les différentes modalités selon lesquelles nous sommes traversés des rapports de pouvoir dans leur historicité, donne lieu à la production du genre, de la classe, de la race et ainsi de suite de façon indissociable, en parcourant l’ouvrage Les couleurs de la masculinité de Mara Viveros. Elle propose d’analyser la construction des masculinités en situation coloniale, et la façon dont elle est indexée à la norme d’une masculinité hégémonique.

Critique de l’État II : La critique de l’État-nation au regard de la critique féministe et du genre, 02/02/2018.