El Tercer Reich de los sueños. Recueil d'essais critiques

ESPAÑOL:
Sofía Payaro (CEPE-UNR) - El Tercer Reich de los sueños : Volumen crítico

 

 

 

Dans le même ordre d'idées qui ont conduit Soledad et Leandro à traduire d'abord le livre de Beradt, au sein de notre équipe de recherche, nous avons commencé à réfléchir à la possibilité de produire un second volume sous la forme d'une édition critique. Ce projet est né un peu avant la publication en espagnol de Rêver sous le IIIème Reich, alors que la traduction était encore en phase de révision.

Dans l'idée de faire un recueil d'écrits liés à l'œuvre de Charlotte Beradt, nous avons convenu que notre volume critique devrait rassembler toutes les préfaces ainsi que les avant-propos de Rêver sous le IIIème Reich publiés jusqu'à présent, en particulier les versions française, allemande, italienne, portugaise et anglaise. Tout cela dans le but de mettre à la disposition du public hispanophone les informations contenues dans les textes susmentionnés.

Toujours dans le cadre d'une élaboration collective, nous avons mis en place un système dans lequel chaque membre de notre équipe sera chargé de traduire l’un de ces textes en espagnol. Ensuite, un autre membre, qui connaît la langue du texte original, sera chargé de le corriger. Nous sommes actuellement engagés dans cette deuxième tâche de révision. Une fois cela fait, nous organiserons à nouveau un forum de lecture collective sous la forme d'une discussion sur les traductions concernées.

Cette forme de travail partagé, qui se divise en plusieurs étapes d'élaboration et de révision, représente le cœur philosophique caractéristique de notre équipe. Ce format d'élaboration collective a permis de transmettre des connaissances entre collègues, et est également la source de nouvelles idées pour le développement de notre projet de recherche.

Pour en revenir à ce deuxième volume en cours, je voudrais souligner qu'il représente aussi pour nous une façon de rendre hommage à Charlotte Beradt et à son travail. Tout comme Beradt a documenté les rêves du peuple allemand dans les années précédant le Troisième Reich, nous aimerions revisiter les textes que nous avons traduits de l’écrivaine.

Nous considérons ce passage intellectuel à travers la vie de Beradt comme un élément essentiel pour l'estimation de son œuvre, puisqu'elle a dû elle-même quitter son pays d'origine face à la persécution du peuple juif par le IIIe Reich. Cependant, en lisant ses archives, nous avons appris qu'elle considérait son propre travail comme une quête politique, c'est-à-dire qu'elle voyait son travail davantage comme un véritable mouvement d'opposition que comme une tentative de se revendiquer en tant que penseur juif. Et en ce sens, la vie de Beradt n'était pas exempte de "fables politiques" et ce sont précisément ces histoires que nous verrons dans le volume critique.

Beradt était si engagée politiquement qu'elle s'est consacrée, avec son propre projet personnel, à la publication de l'œuvre de son mari à sa mort. Elle a également fait des travaux de traduction pour Hannah Arendt. Il va sans dire que notre propre engagement dans la traduction de ces écrits en espagnol vise à poursuivre et à diffuser l'héritage de Beradt dans le monde hispanophone, à commencer par l'Amérique latine.

Parmi les textes qui composeront ce volume, nous aimerions commencer par le prologue et l'épilogue de l'édition française, écrits respectivement par Martine Leibovici et François Gantheret. D'une part, le prologue de Leibovici nous fait découvrir la vie quotidienne de Beradt aux États-Unis pendant l'après-guerre, ainsi que le chemin qu’elle a dû emprunter après son exil ; d'autre part, l'épilogue de Gantheret présente une lecture critique de son travail sur les rêves, tout en ajoutant une discussion avec les théories de Freud. Nous pensons que l'inclusion de ces deux textes peut nous aider à réfléchir sur les répercussions théorico-épistémologiques que les travaux de Beradt pourraient avoir dans les sciences humaines et, plus particulièrement, dans la psychanalyse, la philosophie et l'histoire.

En second lieu, nous inclurons la préface écrite par l'historien allemand Reinhart Koselleck, qui a paru dans l'édition allemande de 1982. Selon Koselleck, les travaux menés par Beradt ont mis en évidence une nouvelle dimension anthropologique des rêves en tant qu'instruments permettant d'identifier, à partir des rêves recueillis auprès du peuple allemand, comment le régime totalitaire s'est progressivement établi. En enregistrant les récits oniriques qu’elle a recueillies, Beradt est devenu une véritable narratrice de son époque. Nous ne pouvons pas faire moins qu’essayer de devenir les narrateurs de son oeuvre d'écrivaine, toujours dans le but de transmettre les matériaux documentant cette histoire.

Du côté de la sociologie, nous présenterons un texte écrit et publié dans la revue Critique en 1997 par Jean-Max Gaudillère intitulé "Rêver en Situation Totalitaire", et de la même manière mais du côté de la philosophie, nous présenterons également un article intitulé "Les rêves font-ils partie de l'histoire ? "de George Steiner, qui explore la place des rêves dans l'historiographie selon Freud, permettant d'opposer le point de vue freudien au point de vue Beradtien concernant la relation entre les rêves et l'histoire.

Enfin, nous inclurons la traduction de l'essai du psychanalyste américain Bruno Bettelheim sur Rêver sous le IIIème Reich, qui a été publiée en postface de l'édition anglaise. Le dernier travail de traduction que nous avons envisagé est celui d’un essai écrit par Beradt elle-même, intitulé "Rêver sous la dictature", que nous présenterons en annexe de notre volume.

Sofia Payaro a étudié en Psychologie de l’IUNIR (2017-2019). Titulaire d’une bourse au mérite académique attribuée au cours de cette période. Résidente en France depuis un an, actuellement étudiante en 3e année de Licence de Psychologie à l’Université de Strasbourg.

Rêves, Université Paris 8 via l'Internet, 10/12/2020.