Art et subalternité Kurde

 

La recherche analyse et articule les dynamiques de la culture subalterne kurde et ses codes, et les pratiques de l’art contemporain par les artistes de l’espace kurde en Turquie dans les années 90.
Il s’agît d’analyser les dynamiques de la culture subalterne kurde telle qu’elle apparaît après la colonisation, la guerre, et leurs conséquences, selon un point de vue à la fois microsociologique et transdisciplinaire, à même de reccueillir le sens des échanges liées au déplacement, à l’exil, aux diasporas, et aux situations post-traumatiques, et l’inventivité des formes de résistance.
L’art contemporain pratiqué par les artistes de l’espace kurde réfléchit ces dynamiques singulières, que les discours nationalistes ne peuvent recouvrir.
Engin Sustam nous parle d’une subjectivité kurde, qui a su répondre aux régimes autoritaires, à la guerre, à l’interdiction de la langue, de la culture, de la mémoire, de l’histoire et du territoire à la fois insurrectionnelle et créative et qui donne lieu à reformalisation de ce qu’il appelle ‘l’espace kurde’.
Cet ‘espace kurde’ est inventé par cette subjectivité, entre appartenance et désappartenance, déterritorialisation et reterritorialisation, au delà des régimes identitaires et les différentes formes de stigmatisation et de subalternisation traversée au cours de l’histoire contemporaine kurde.
Les études kurdes en restant circonscrites aux dimensions de l’histoire socio-culturelle et politique pourraient ne pas entièrement percevoir la force insurrectionnelle et créative de cette subjectivité issue de la subalternisation de l’appartenance kurde, qui la relie à la fois aux autres minorités à travers la formation de la kurdicité et de ses langages ‘bifurqués’, et à l’histoire des internationalismes dans ses dimensions postcoloniales puisque les régions kurdes s’étendent par delà les frontières nationales et diasporiques avec les exils.

Etudes politiques en Palestine et Kurdistan II, 02/11/2017.